общежитие - foyer étudiant part II

Publié le par Estelle Little

Au delà des soucis de confort et de promiscuité, sachez également qu'il peut y avoir des règles de vie assez strictes au sein de ces foyers étudiants. C'est peut-être d'ailleurs ceci qui contribue à créer des liens entre ses habitants (en tous cas, peut-être que ça nous permet de faire abstraction de leur éventuelle crasse).

Les règles divergent d'un logement à l'autre, mais sur les principes, je vous renvoie à la photo ci-dessous (comique n'est-ce-pas?) Certaines règles sont sensées (mais désagréables) pas d'alcool, pas de cigarette, pas de bouilloire électrique … d'autres sont insensées et pas moins désagréables : obligation de laisser ses clefs avant de sortir (nous n'avons pas un jeu de clefs chacun, les clefs restent dans le foyer), obligation de faire une série d'innombrables examens médicaux pour tester nos aptitudes à la vie en collectivité (en fait, il s'agit simplement d'obtenir des signatures de divers médecins sans osculation – une perte de temps mais une obligation administrative) et j'en passe...

Une femme appelée « дежурная » est chargée de surveiller au quotidien le bon fonctionnement du foyer... Ces femmes (il y en a quatre qui alternent à mon étage) sont pour la plupart adorables mais sont de vraies commères sans aucun sens du respect de la sphère privée : elles rentrent dans les chambres sans frapper, nous questionnent « où étais-tu? Avec qui ? Tu t'es promenée longtemps dis-moi, et comment vont les cours ? ». Pour la petite anecdote rigolote, le soir de mon arrivée à Nizhni, j'ai proposé à Augustin de venir dans ma chambre pour boire une verre en cachette et regarder un film. Au bout de 30 minutes top-chronos, la дежурная rentrait dans ma chambre et prétextait vouloir passer le balaie (un samedi soir à 21h?). La question que je me pose est : « pourquoiii font-elles ceci? ». D'après les russes, elles s'ennuient et c'est distrayant pour elles que de suivre les aventures d'étrangers en Russie. D'après moi, elles ont conscience que la vie en Russie est bien plus dure que ce à quoi nous sommes habitués en Europe de l'Ouest. Elles sont donc inquiètes et ne veulent que notre bien. L'avantage quand on s'entend bien avec elles, c'est qu'elles nous rendent des services ou ferment les yeux sur certaines choses (par exemple boire occasionnellement dans nos chambres). Le jeu en vaut-il la chandelle cependant ? Elles posent plus de questions que mes parents quand j'étais enfant, entrave ma liberté de circulation car elles savent en permanence où je suis, ce que je fais quand je suis à la résidence – pire que la CCTV! Autant vous dire qu'avoir besoin de solitude ou avoir du chagrin en Russie est un calvaire car nous n'avons nul part où nous retrancher : dans la chambre → les colocs, dans les parties communes → les colocs ; à l'université, dans la rue → des gens.. PARTOUT ! Le seul endroit que j'ai trouvé pour le moment sont éventuellement les toilettes les plus sales et même dans ces cas là, la дежурная me capte !

Bon et venons à l'inconvénient principal de l'общежитие (общаг quand on devient intimes) - le couvre feu. Je sais que vous avez tous buggé à la lecture de « boire des coups dans ma chambre ». « Estelle, c'est quoi ces histoires ? Depuis quand es tu casanière ? ». Et bien, on le devient effectivement, mais pas forcément par choix. Mon logement, comme la plupart en Russie a des règles très strictes quant aux entrées et sorties. Premièrement, personne ne peut être invité à moins de déposer son passeport à l'entrée et sur décision arbitraire de la дежурная. Deuxièmement, le logement FERME (avec clefs, cadenas et tout sur les trois portes) de 23h à 6heures du matin. En d'autres termes, si vous n'êtes pas rentrés avant 23h précises (selon votre relation avec la дежурная), vous passez la nuit dehors et devez attendre 6heures pour rentrer. Vous comprendrez bien qu'avec les températures ici, dormir dehors est exclu. Heureusement, la vie nocturne de Nizhni est plus que développée, et surtout, nous avons des amis vivant en appartement. Mais tout de même, cela reste contraignant ! L'avantage, c'est que là encore, ceci créé des liens avec nos colocs !.

J'ai oublié de vous préciser que j'habite à un étage particulier de la résidence universitaire. L'étage 2 de l'общежитие 4 – l'étage qui accueille les étudiants et intervenants de plus ou moins courte durée. Du coup nous avons des étudiants ou doctorant invité par l'université pour des conférences ou en voyage scolaire (1 semaines tout au plus) ou des étudiants venus monter des projets de recherches (3 mois). Il y a beaucoup d'aller et venues et je rencontre au quotidien des gens très intéressants (un kurde irakien, des ukrainiens, des militaires ..). Pour l'autre petite anecdote rigolote, en novembre une délégation de « VDV » (« troupes aéroportées » soit le corps d'élite de l'Armée Russe) se sont retrouvés à notre étage. En mal de chair fraiche vraisemblablement, l'un d'eux nous a vu Masha (ma coloc) et moi rentrer dans notre logement et s'est aperçu que nous étions voisins. Amusé, lui et son collègue ont usé de stratagème des plus comiques (et sans tact) pour se faire inviter à boire le « thé ». Exemple : Monsieur se ramène en serviette, exhibe ses muscles et nous demande « vous avez une чайник (bouilloire) électrique ? » « euh, oui bien vu.. tu vas quand même pas nous faire croire que c'est pour cela que tu viens ». Bon, on n'allait quand même pas faire les mijaurées, on ne rencontre pas un VDV tous les jours ! C'est comme ça qu'Augustin, Masha et moi se sont retrouvés à passer la soirée avec deux VDV alcoolisés qui, constatant que nous avions épuisés nos ressources de cognac et bière, sont partis en expédition (en sautant simplement par la fenêtre) pour aller chercher des provisions. Le comble !

Quand je vous disais que malgré ses inconvénients, l'общежитие c'était cool !!

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