Otez-moi donc ces pincettes!

Publié le par Estelle Little

Otez-moi donc ces pincettes!

Chose à savoir, les russes – dans leur extrême diversité – sont des gens francs. Ils sont authentiques et ne tournent pas autour du pot.

A la question « ça va ? » à laquelle nous autres répondrions spontanément « au top ! » alors qu'une larmichette nous coule sur la joue, eux répondraient « ça ne va pas » en vous expliquant pourquoi. Dans la culture de la communication russe, la sincérité et l’ouverture sont des qualités primordiales. D’où la volonté et l’habitude de ne pas cacher ses sentiments, ses états d’âme. Ainsi, la question « comment ça va? » n'est pas une formule de politesse ou un équivalant de « bonjour », comme elle pourrait l'être chez vous. Cette question n'est à poser qu'aux personnes auxquelles on attache de l'importance, sinon inutile de demander, vous recevriez soit un regard surpris ou indigné !

Ici les gens sont directs. Un compliment vous sera donné brut (imaginez un peu que quelqu'un vous dise « t'es super jolie dans cette robe » sans un sourire, sans un regard). Les euphémismes n'existent pas non plus, une vieille n'est pas « une personne agée » ici, mais une « бабушка » - soit une grand-mère même si ce n'est pas la votre !

Idem, si vous avez une question, posez-la directement. Oubliez les formes, elles sont souvent mal comprises ici. Exemple typique où vous souhaiteriez gouter le cocktail de votre voisin de table (un ami, je précise!). Oubliez le « oh dis-donc, ça m'a l'air très bon ça, c'est à base de quoi ? Jamais gouté ». Je vous garantie que ça ne fonctionnera pas, votre ami ne comprendra pas que votre intention est d'en prendre un shloouk. Demandez directement si vous pouvez y gouter, voire ne demandez pas et servez-vous – vous pouvez être sur que ça ne posera aucun problème à qui que ce soit.

Bref, tout ceux qui me connaissent bien et ont été agacés par mes « pincettes de crabes » doivent se demander comment je survie ici. Et bien, figurez-vous que je m'en sors pas trop mal (encore trop polie mais je progresse!). C'est finalement assez agréable de ne pas avoir à faire à une caissière faussement heureuse qui vous dit « bonjour » « merci d'avoir acheté chez nous » « revenez quand vous voulez » et tout le tintouin. Ici c'est plutôt « gros ou petit (en parlant d'un sac plastique) », « asseyez-vous là », pas au revoir, pas bonjour – aucun sens du marketing comme on peut l'avoir chez nous. De l'authenticité pure.

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